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Événement à Rivière-du-Loup, été 2012

Les Flâneurs
Événement d’art actuel au Parc des Chutes, Rivière-du-Loup, Qc
Entre le recto et le verso
Commissaire : Valérie Gill
organisé par le regroupement d’artistes Voir à l’Est

du 11 août au 2 septembre 2012
Vernissage le 11 août à 14 h

Artistes participants : DENIS BEAUSÉJOUR et LOUIS-PIER DUPUIS-KINGSBURY • FRANÇOIS BOURDEAU • DIANE DUBEAU • FERNANDE FOREST • ÉMILIE RONDEAU • JOHANNE ROUSSY • LUC ST-JACQUES • KARINE TURCOT

Pour ma part je présente Le verger-musée, une installation inspirée des
« fruits de la culture » menacés par la disparition possible de l’humain sur la planète.

Le site du verger, dans le Parc des Chutes, m’intéresse puisqu’il s’agit d’un lieu construit « planté » dans la nature. Il y a eu ici une intervention humaine. Le verger est donc un fruit de la culture pour la culture des fruits. Une nature apprivoisée. Le verger fait office de médiateur entre la nature sauvage et l’humain civilisé.

En lien avec l’époque actuelle, marquée par les crises économiques et environnementales, je me questionne, tout comme Hubert Reeves sur l’avenir de l’humain sur Terre : « Les merveilles de la création artistique, musicale, picturale, littéraire, sont des prouesses du génie humain (--- ). Que deviendraient les merveilleux fruits de la culture si nous cédions la place aux mouettes, aux rats et aux insectes ? Tous ces fabuleux trésors disparaîtraient si l’humanité s’éteignait...»1

Dans l’installation Le verger-musée, je mets en interrelation des sculptures inspirées par plusieurs époques de l’histoire de l’art – fruits de la culture – avec la culture du verger évoquant la terre nourricière. Ces petites sculptures (une trentaine, d’une dimension de 20 x 20 x 20 cm environ) sont suspendues aux arbres comme des fruits. Menaçant de tomber de l’arbre après mûrissement, elles symbolisent la disparition possible de l’humain abandonnant ses « fabuleux trésors » voués conséquemment à l’éphémère.

Pour confectionner ces sculptures, j’utilise un matériau inhabituel, de la pâte à pain cuite au four. Pour les besoins de l’installation extérieure, un vernis est appliqué sur la pâte pour résister aux intempéries. Le pain, cette matière noble, présent dans la culture de tous les peuples, devient la métaphore et le support de l’art, nourriture de l’esprit. Lorsqu’elle gonfle à la cuisson, la pâte contient une part incontrôlable, une notion importante dans mes récents travaux dans la nature.

Pour appuyer l’analogie fruits de la culture / culture des fruits, une signalisation, partie intégrante de l’installation, est parsemée sur le sentier menant au verger du Parc des Chutes. Comme une sorte de leurre, un animal, différent sur chacun des panneaux, montre le chemin en indiquant la direction avec le mot « fruits ». Il nous convie à un festin qui n’en est pas un. Un clin d’oeil à ces petits animaux (raton laveur, renard, moufette, etc.) très communs dans les milieux naturels urbanisés et très peu sensibles aux inventions humaines, incluant l’art!

1. Hubert Reeves, Chroniques du ciel et de la vie, Éditions du Seuil, 2005,
p. 199.


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